TCA : Troubles des conduites alimentaires

Les troubles des conduites alimentaires... quand l'alimentation devient un calvaire !

L’alimentation est indispensable à notre organisme : elle apporte des nutriments, des vitamines, des minéraux et oligo-éléments.

S’alimenter n’est pas qu’une fonction vitale : manger est aussi un plaisir, un partage, un moment convivial, plaisant. Cependant, ce n’est pas toujours véridique. Effectivement, certaines personnes sont en souffrance face à l’alimentation. Manger se transforme alors en calvaire et en pathologies reconnues : les T.C.A (troubles des conduites alimentaires ou troubles du comportement alimentaire).

Selon le site ameli.fr, ces troubles sont définis comme : « des conduites alimentaires différentes de celles habituellement adoptées par les personnes vivant dans le même environnement. Ces conduites alimentaires perturbées sont à l’origine de troubles somatiques et psychologiques ».

Plusieurs troubles des conduites alimentaires sont reconnues, je vous en citerai trois :

L'ANOREXIE

L’anorexie est une perturbation de la relation à l’alimentation qui intervient à 90 % chez les filles, notamment les adolescentes de 14-15 ans avec un pic maximal à 17 ans. Cette maladie est rare puisqu’elle touche à peine 1,5 % de la population (et c’est tant mieux !). Elle survient notamment chez les mannequins, vous vous en doutiez certainement, mais aussi chez les sportifs en compétition et les personnes présentant certaines pathologies compliquées à vivre au quotidien, comme le diabète de type I.

L’anorexie ne s’installe pas du jour au lendemain, elle est progressive ; ce qui explique pourquoi l’entourage d’une personne anorexique n’est pas rapidement interpellée. D’ailleurs, ceci est vrai également pour le malade lui-même. En effet, beaucoup de personnes anorexiques n’ont pas conscience de leur pathologie.

Les causes de cette maladie sont multiples. Un caractère héréditaire a été mis en avant mais les facteurs environnementaux, de manière générale, sont à prendre en compte. Ils peuvent provoquer un véritable mal être chez l’anorexique.

Comment reconnait-t-on une personne anorexique ?

Ne vous y méprenez pas, une personne très mince n’est pas forcément anorexique ! Effectivement, certaines personnes souffrent de « maigreur constitutionnelle » ; autrement dit, elles sont naturellement maigres car leurs organismes sont résistants face à la prise de poids (sans pathologies associées).

Le patient anorexique va progressivement diminuer ses ingestas. Il est obnubilé par son poids, par la minceur qu’il voue comme un culte. Progressivement, il va supprimer certains groupes d’aliments pour ne conserver que des aliments à faibles valeurs nutritionnelles comme les fruits, légumes, les laitages. Les quantités sont de plus en plus petites. Les aliments sont pesés, les calories comptées. Parfois, il ne supprime pas d’aliment mais il diminue fortement les quantités.

Une obsession : perdre du poids et tous les moyens sont bons. Activités physiques à outrances, gélules coupe faim, laxatifs, parfois des vomissements.

Petit à petit, le patient anorexique va se refermer sur lui-même.

Lorsque l’anorexie est avancée, des symptômes apparaissent : la perte de poids bien sûr, qui rapidement va entraîner une dénutrition mais aussi, une perte de cheveux, l’absence de règles, des ongles cassants, une sensation de frilosité constante, des problèmes cardiaques, etc.

Cette maladie n’a pas seulement des symptômes physiques, elle est la cause d’une profonde détresse psychologique. N’oubliez pas, l’anorexie est réellement une pathologie, pas un caprice d’adolescente ! Une aide extérieure est vivement conseillée : pédopsychiatre, psychiatre, médecin, diététicienne etc. Guérir de l’anorexie est un long processus et pour optimiser la guérison, l’idéal est d’être accompagné par une équipe pluridisciplinaire.

LA BOULIMIE VOMITIVE

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire qui se caractérise par le besoin impulsif et incontrôlable d’ingérer une importante quantité de nourriture, très rapidement. En dehors de ces crises, la personne boulimique s’alimente « normalement », en prenant compte de ses besoins.

Comme l’anorexie, la boulimie touche majoritairement les filles mais à un âge différent puisqu’on la recense surtout à partir de 19-20 ans.

Comment reconnait-on une personne souffrant de boulimie ?

La personne boulimique est dans le contrôle s’agissant de son poids mais à l’inverse d’une personne anorexique, elle ne souhaite pas atteindre un état de minceur.

Néanmoins, après l’absorption d’une grosse quantité de nourriture, elle cherchera à tout prix à éliminer, à débarrasser tous ses excès de son corps : des vomissements, des laxatifs, des diurétiques… Évidemment, engloutir un paquet de gâteau n’est pas considéré comme de la boulimie. Ici, je parle d’un excédent pouvant aller jusqu’à 4000 kcal par jour et ce, plusieurs fois par semaine.

En général, le/la boulimique est conscient(e) de ces gestes. La nourriture est au départ un refuge dans lequel on souhaite s’enfermer puis vient le mal être, la honte, la culpabilité.

Les causes de la boulimie sont souvent les suivantes : mauvaise image de soi-même, manque affectif, manque de confiance en soi, un besoin obsessionnel de vouloir tout maîtriser et la peur d’échouer.

Les symptômes sont multiples : problèmes de dentition, ongles cassants, chute de cheveux, fatigue, humeur dépressive.

Comme je le disais précédemment, les patients boulimiques ont conscience de leurs actes et du mal qu’ils infligent à l’inverse, (généralement) des anorexiques. De ce fait, ils souhaitent vraiment s’en sortir et sont moins réticents à se faire aider par des psychiatres/psychologues, diététiciens nutritionnistes.

L'HYPERPHAGIE

L’hyperphagie correspond à une prise alimentaire excessive et compulsive mais à l’inverse de la boulimie, il n’y a pas de comportements compensatoires (vomissements, laxatifs, etc.).

Elle touche, de manière pratiquement équivalente, les hommes et les femmes et apparaît souvent à l’âge adulte.

L’hyperphagie ressemble fortement à la boulimie, d’ailleurs elle est souvent appelée « boulimie non vomitive ».

En effet, une personne hyperphagique va manger très rapidement de grosses quantités et ce, jusqu’à ce qu’elle sente une distension abdominale, c’est-à-dire bien au-delà de sa satiété. Souvent, elle s’arrête de manger car elle n’en peut vraiment plus et a l’impression que son estomac va « exploser ».

Les prises alimentaires sont toujours faites à l’abri des regards car l’hyperphagie entraîne une forte culpabilité, un dégoût de soi. La personne souffrant de cette pathologie a une très mauvaise estime d’elle.

A l’inverse de la boulimie, l’hyperphagie se fait souvent par phases. Il peut se passer plusieurs jours sans que la personne hyperphagique ne fasse de crises. Au contraire, elle sera en général dans un contrôle permanent de son alimentation, à la limite du restrictif. Bien souvent, il s’agit de personnes enchaînant régimes sur régimes, qui se privent durant plusieurs jours/semaines et qui craquent ensuite.

Ce trouble du comportement alimentaire peut bien évidemment se soigner. L’idéal, une fois encore, est de se tourner vers son médecin, un psychologue/psychiatre dans un premier temps et vers un diététicien nutritionniste.

Si vous vous reconnaissez dans cet article, dans ces descriptions, s’il vous plaît, faites vous soigner. Sur le long terme, c’est votre vie qui est en jeu alors ne laissez pas la maladie prendre le dessus.

La Fédération Française Anorexie Boulimie est une association qui regroupe les spécialistes du dépistage et du traitement des Troubles des Conduites Alimentaire (TCA) Seul(e), vous ne pourrez pas agir.

Erika Rouer

Diététicienne Nutritionniste

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