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Mangez-vous réellement par faim ?

Mangez-vous réellement par faim ? La question peut vous paraître simple et pourtant… !

Je pose régulièrement cette question : « qu’est ce qui fait que vous mangez ? ». Sur le coup, mes patients me regardent bizarrement, comme si la réponse coulait de source ! Souvent, on me répond,  » ben parce que j’ai faim  » – très bien, comment reconnaissez-vous la faim ? –  » ben parce que c’est l’heure « . 

La théorie voudrait que l’on mange quand la faim apparaît.

Mais au fait, c’est quoi la faim?

La faim, est un besoin physiologique. Celle-ci est peut être déclenchée à la suite d’une baisse du taux de glucose (sucre). Cette diminution va activer des nerfs reliés à l’hypothalamus, la partie du cerveau qui intervient dans le contrôle de la faim. Celui-ci va alors  libérer des neuromédiateurs spécifiques qui déclencheront le besoin de se nourrir. La ghréline, une hormone émise par l’estomac peut également être un facteur de déclenchement de la faim car elle agit sur l’hypothalamus en stimulant l’appétit.

Manger c’est apporter de l’énergie mon organisme. Quand j’ai faim, je dois manger.

Comment reconnaît-on la faim ?

A chacun ses signaux ! Certains me diront qu’ils ressentent des gargouillements, d’autres un creux, un vide. On peut aussi avoir la nausée, ressentir une petite fatigue, des maux de tête etc., en bref, il faudra être attentif.

Et alors, après la faim, que se passe t-il ?

Ce que l’on appelle le rassasiement. Il existe deux types de rassasiement. Le rassasiement gustatif  » je n’ai plus faim de mon plat  » mais il me reste de la place pour un dessert et le rassasiement « général ».  Je suis rassasié lorsque je ne prends plus de plaisir à manger, mon estomac est rempli. Pour autant, je me sens bien, je ne suis pas dans une situation d’inconfort. 

Bon, et en pratique alors ? Est-ce que je mange réellement toujours par faim ?

Et bien non ! Regardons ensemble les autres facteurs déclenchant la prise alimentaire :

  • L’aspect environnemental :  les médias peuvent nous inciter à manger. Par exemple, je suis tranquillement assis devant la TV, je regarde un film. C’est la pub, il est 21 h 45. Oh, une pub pour le chocolat côte d’or. Oh, des M&M! Mon cerveau me dit :  » Tiens j’ai un p’tit creux !  » Non, il s’agit simplement d’une envie. La prolifération des fast food, bar à burgers, bar à bagles etc. peuvent aussi m’inciter à manger. Je vais me balader en centre ville et toutes ces odeurs me passent sous le nez. Difficile de résister n’est-ce pas?

 

  • L’aspect relationnel : Il est 9 h 30, j’ai pris un bon p’tit déj bien complet. Je suis rassasié. Ma gentille collègue a apporté des minis viennoiseries. Hier, elle avait apporté des chocolats et demain elle apportera sans doute des chamallow. Je n’ai pas faim, pourtant je risque fortement de craquer. Il est 12 h 10. J’ai apporté ma gamelle. Une blanquette de veau, des petits légumes et du riz. Mes collègues veulent se faire un mcdo. Je suis tenté. Que faire ? Rester manger seul au bureau? Aller au mcdo avec sa gamelle? Manger au mcdo?

 

  • L’aspect émotionnel : sans doute le plus difficile à appréhender. Nombreux sont ceux qui « mangent leurs émotions ». Les émotions peuvent être positives ou négatives. Je peux manger plus parce que je suis en famille, avec des amis, que je me sens bien, je suis heureux. C’est convivial. Je peux aussi manger plus parce que j’ai passé une mauvaise journée. Mon collègue me gonfle, mes enfants me tapent sur les nerfs, ma belle-mère m’insupporte et j’en passe. Je peux manger plus parce que je me sens mal. Je suis triste, anxieux, angoissé. 

Les émotions sont normales. Accueillez-les. Acceptez-les.

A court terme, manger m’apaisera, me détendra.

A moyen terme, il se peut que je culpabilise (aspect psychologique), que mes problèmes soient toujours présents (aspect émotionnel), que je ressente des douleurs intestinales, une mauvaise digestion (aspect physiologique).

A long terme, je risque de perdre davantage confiance en moi, de me sous-estimer, de me refermer sur moi-même etc.

 » Ce que nous pensons génère des émotions mais également ce que nous mangeons ».

Et si vous essayiez de créer de nouveaux apprentissages ? Plutôt que d’être « obsédé » par votre alimentation, par votre contrôle, plutôt que de vouloir à tout prix supprimer ces comportements.

Si au lieu de cela, vous preniez le temps de prendre soin de vous ?  D’aller prendre l’air, d’écouter de la musique à fond, de danser dans votre salon, de faire des mandalas (coloriages anti-stress), d’appeler un ami, de faire une activité physique, de lire, de vous détendre dans un bain chaud etc. 

Et si, vous appreniez à être bienveillant envers vous-même ?

 

 

 

Je mange…par faim? Convivialité? Ennuie? Stress?

 

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