La chirurgie bariatrique: non ce n’est pas l’ultime solution!

Aujourd’hui je vais vous parler d’un sujet qui revient régulièrement lors de mes consultations : la chirurgie bariatrique. Effectivement, je me suis aperçue que bon nombre de personnes souffrant d’obésité (parfois de surpoids) envisageaient cette « solution » sans vraiment avoir conscience de ce que cela impliquait.
La chirurgie bariatrique n’est pas à prendre à la légère. Ce n’est pas une solution prête à l’emploi pour la première personne venue, qui a à peine tenté de mettre en place un rééquilibrage alimentaire avec l’aide d’un professionnel ou au moins une activité physique.
Cet article n’est pas un coup de gueule mais presque. Je ne supporte plus d’entendre au bout d’un mois de suivi « je crois que je vais tenter un by pass ça sera plus simple, non ? »…  alors sachez que vous n’êtes pas tous « éligibles » à cette opération, qu’il y a des critères à respecter. Sachez aussi que NON ce n’est pas plus simple, qu’il y a des tas de contraintes et désagréments ensuite. Sachez qu’un pourcentage important de patients reprend du poids dans les 5 ans qui suivent…

Bon et sinon, la chirurgie bariatrique, c’est quoi au juste ?

En premier lieu, pour traiter l’obésité, il est conseillé de mettre en place un rééquilibrage alimentaire, une activité physique régulière et éventuellement, faire une thérapie comportementale (on est bien d’accord, l’obésité peut aussi être la cause de traitement médicamenteux ou autres pathologies). Le traitement chirurgical quant à lui n’arrive qu’en seconde intention, en cas d’échec du premier traitement.
Un critère : avoir un IMC >/= 40 kg/m2 ou un IMC >/= à 35 kg/m2 si vous avez des comorbidités associées pouvant être améliorées avec la chirurgie (diabète de type 2, apnée du sommeil, maladies cardio-vasculaires…).

Une fois entré dans le protocole, il faut être patient. En effet, vous ne serez pas opéré le mois suivant. Au mieux (et c’est très rare), il faudra attendre 6 à 8 mois minimum, en général au moins 1 an. Vous allez subir plusieurs examens afin que les spécialistes puissent apprécier au mieux l’état général de votre santé : diététicien, psychiatre ou psychologue, cardiologue, gastro-entérologue, endocrinologue etc…
Toutes les informations récoltées permettront au groupe médical de se réunir et d’accepter ou non la chirurgie bariatrique à votre égard.

Quelles sont les possibles contre-indications ?

– Avoir des troubles du comportement alimentaire : dans ce cas, le diététicien et le psychiatre peuvent décider de mettre votre dossier en suspens afin de vous aider à guérir de cette pathologie.
– Etre dépendant de l’alcool ou autres substances psychoactives.
– Après 60 ans, il faut évaluer davantage le rapport bénéfice/risque de la chirurgie bariatrique.
– Un manque d’investissement de la part du patient : par exemple, un patient qui s’alimenterait de manière totalement anarchique alors qu’il a rencontré des diététiciens, qui serait très sédentaire, qui ne paraitrait pas motivé, qui ne souhaite pas changer/améliorer son état physique, sa santé…
– Avoir des contre-indications à l’anesthésie générale.

Disons maintenant que votre profil a été accepté.

Quelles méthodes ?
Les différentes chirurgies bariatriques

Je ne vous parlerez que des trois techniques les plus courantes :

  • Anneaux gastriques: Ralentissement du passage des aliments dans l’estomac. Rares complications: perforations gastriques, glissement de l’anneau. Peu de carences vitaminiques. Vomissements fréquents. Perte excédent de poids à 1 an estimée à 40%.
  • Gastrectomie longitudinale (Sleeve): Ralentissement du passage des aliments dans l’estomac et effet sur la sensation de faim (ghrêline). Rares complications: Sténose (rétrécissement du reste de l’estomac) et reflux gastro-oesophagien. Peu de carences vitaminiques. Perte excédent de poids à 1 an estimée à 60%.
  • By pass: Sensation de faim diminuée, digestion incomplète des aliments, dumping syndrom (sensation de malaise liée à l’arrivée brutale des aliments dans l’intestin grêle). Carences +++ donc supplémentation en vitamine D, B12, Fer, Zinc. Possibles complications: fistules digestives, hémorragies. Diarrhées régulières après l’opération. Perte moyenne de l’excédant de poids à 1 an: 70%.
Et après, sur le plan diététique ?

Durant les premiers jours (3 à 5), alimentation exclusivement liquide, à base de bouillons notamment. Puis, alimentation mixée lisse, mixée, hachée…les étapes peuvent être plus ou moins longues selon votre état : fatigue, anxiété, nausées etc…

Les semaines suivantes :
– Consommer vos repas en petit volume, de manière fractionné.
– Bien mâcher
– S’hydrater en dehors des repas. Eviter les potages ensuite, peu nutritifs, ils remplissent rapidement le bol alimentaire.
– Cela va de soi : avoir une alimentaire équilibrée et variée. L’apport en protéines est très important pour lutter contre la dénutrition.
– Limiter les aliments sucrées et notamment en dehors des repas en cas de by pass pour éviter le dumping syndrom.

Il se peut que certains aliments provoquent un dégoût (notamment la viande), que vous ne ressentiez aucun plaisir à vous alimenter…

Vous serez suivi par un(e) diététicien(ne) le premier mois au départ puis tous les 2/3 mois. Malheureusement, il y a de plus en plus de patients et le suivi en hôpital n’est pas toujours facile. N’hésitez pas dans ce cas à consulter un(e) diététicien(ne) en libéral, formé(e).

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